Rentrée professionnelle : reprendre comme avant… ou commencer à réfléchir autrement ?
La rentrée professionnelle est souvent synonyme de reprise, de nouveaux projets et de nouvelles habitudes. Mais elle peut aussi faire ressurgir une perte de sens au travail, une envie de changement ou des questions que l’on repoussait depuis plusieurs mois.
Les vacances se terminent… Le réveil sonne à nouveau plus tôt. On retrouve les trajets, les mails, les réunions, les collègues, les habitudes. L’agenda recommence à se remplir et, presque sans s’en rendre compte, la machine repart.
Pour certains, cette rentrée professionnelle est synonyme d’énergie et de nouveaux projets.
Pour d’autres, elle a une tout autre saveur.
Il y a cette petite boule au ventre la veille de la reprise. Cette envie de prolonger encore un peu les vacances. Et cette pensée qui revient, parfois depuis plusieurs mois :
« Je n’ai plus envie de retourner travailler. »
Pas nécessairement parce que tout va mal.
Mais parce que quelque chose ne va plus vraiment bien non plus.
Et si, plutôt que de reprendre exactement comme avant, cette rentrée était l’occasion de vous demander où vous en êtes réellement dans votre vie professionnelle ?
Quand les vacances mettent en lumière ce que le quotidien avait réussi à faire taire
Pendant l’année, nous avançons souvent en mode automatique.
Les semaines s’enchaînent. Les obligations aussi.
Il faut travailler, gérer le quotidien, respecter les échéances, répondre aux sollicitations, s’occuper de sa famille, penser aux prochaines vacances…
Alors certaines questions restent en arrière-plan.
Est-ce que mon travail me plaît encore ?
Est-ce que je me reconnais toujours dans ce que je fais ?
Est-ce que j’ai encore envie de faire ce métier dans cinq ans ?
Qu’est-ce que je voudrais vraiment si je pouvais choisir ?
Puis arrivent les vacances.
Le rythme ralentit. La pression diminue. On retrouve du temps pour soi, pour ses proches, pour des activités que l’on apprécie.
Et ce contraste peut être révélateur.
Parfois, ce n’est pas le travail que l’on retrouve à la rentrée qui a changé.
C’est notre regard sur lui.
Ce qui semblait simplement fatigant avant les vacances devient pesant.
Ce que l’on acceptait depuis plusieurs années paraît soudain beaucoup moins évident.
Et cette petite voix que l’on parvenait jusque-là à faire taire recommence à se faire entendre :
« Je crois que je n’ai plus envie de continuer comme ça. »
La boule au ventre avant d’aller travailler : un signal à écouter
Une période de fatigue ou une baisse de motivation après les vacances n’indique évidemment pas automatiquement qu’il faut changer de métier.
Mais lorsque l’inconfort revient régulièrement, il mérite d’être interrogé.
Peut-être vous reconnaissez-vous dans certaines situations :
- vous pensez régulièrement à changer de travail ;
- le dimanche soir est devenu difficile ;
- vous manquez de motivation alors que vous étiez auparavant très investi ;
- vous ne trouvez plus beaucoup de sens à vos missions ;
- vous avez l’impression de ne plus évoluer ;
- vous vous sentez en décalage avec les valeurs de votre entreprise ;
- vous enviez les personnes qui ont osé se reconvertir ;
- vous consultez des offres d’emploi… sans jamais vraiment postuler ;
- vous vous dites régulièrement que vous devriez « faire quelque chose », sans savoir quoi.
Le problème n’est pas nécessairement votre métier.
Cela peut être votre poste, votre environnement de travail, votre management, votre rythme de vie, votre entreprise ou simplement le fait que vos attentes professionnelles ont changé.
C’est d’ailleurs une question essentielle avant toute reconversion professionnelle : est-ce le métier que l’on souhaite quitter ou les conditions dans lesquelles on l’exerce ?
Mais pour obtenir cette réponse, encore faut-il accepter de s’arrêter suffisamment longtemps pour se poser les bonnes questions.
« J’aimerais changer… mais je ne sais pas quoi faire »
C’est probablement l’une des phrases que j’entends le plus souvent.
Et elle résume parfaitement le paradoxe du changement professionnel.
On peut savoir très clairement ce que l’on ne veut plus, sans avoir la moindre idée de ce que l’on voudrait à la place.
Alors on cherche.
On regarde des offres d’emploi.
On imagine une reconversion.
On pense à reprendre une formation.
On demande à ses proches : « Tu me verrais faire quoi ? »
On fait parfois quelques tests sur Internet.
Puis les possibilités deviennent tellement nombreuses que l’on finit par revenir au point de départ.
« Je suis complètement perdu professionnellement. »
Pourtant, ne pas savoir quoi faire n’est pas un problème à résoudre immédiatement.
C’est justement le début de la réflexion.
Avant de chercher un nouveau métier, il faut comprendre ce que l’on attend aujourd’hui de son travail.
Quelles activités vous stimulent réellement ?
Quelles compétences avez-vous envie de continuer à utiliser ?
Qu’est-ce que vous ne voulez plus accepter ?
Quel équilibre souhaitez-vous entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle ?
Quelles sont vos valeurs ?
Qu’est-ce qui vous donne le sentiment d’être utile ?
De quoi avez-vous besoin pour vous sentir à votre place professionnellement ?
Une reconversion professionnelle ne commence donc pas nécessairement par la recherche d’un métier.
Elle commence souvent par une meilleure compréhension de soi.
Alors pourquoi repoussons-nous autant le changement ?
Parce que savoir que quelque chose ne nous convient plus ne signifie pas que nous sommes prêts à le quitter.
Notre cerveau aime ce qu’il connaît.
Même lorsqu’une situation est imparfaite, elle possède quelque chose de rassurant : elle est prévisible.
Changer introduit au contraire énormément d’inconnues.
Et si je me trompais ?
Et si je regrettais mon choix ?
Et si je perdais en salaire ?
Et si je devais reprendre une formation ?
Et si je n’étais finalement pas capable de faire autre chose ?
Et si je ne trouvais pas de travail ?
À cela s’ajoutent parfois le regard des autres, la peur de repartir de zéro ou encore cette impression qu’après 10, 15 ou 20 années dans le même domaine, il serait trop tard pour changer de voie professionnelle.
Toutes ces questions sont légitimes.
Mais elles produisent souvent le même résultat : la procrastination.
« Je vais encore réfléchir. »
« Je verrai après les fêtes. »
« Ce n’est pas le bon moment. »
« Il faut d’abord que je sache ce que je veux faire. »
Puis les mois passent.
Et parfois les années.
Le changement professionnel n’oblige pas à tout quitter
C’est sans doute l’une des idées les plus importantes à retenir.
Réfléchir à sa carrière ne signifie pas démissionner.
Faire un bilan de compétences ne signifie pas se reconvertir.
Se renseigner sur un autre métier ne signifie pas abandonner le sien.
Prendre rendez-vous avec un professionnel ne signifie pas avoir déjà pris une décision.
On oppose trop souvent deux situations : rester ou partir.
Alors qu’entre les deux existe tout un espace de réflexion.
Il est possible d’explorer un projet tout en conservant son emploi.
De vérifier la réalité d’un métier avant de se lancer.
D’identifier ses compétences transférables.
D’étudier le marché de l’emploi.
De rencontrer des professionnels.
D’envisager différentes formations.
De chiffrer son projet.
D’étudier les dispositifs permettant de sécuriser une transition professionnelle.
Bref, il s’agit de remplacer progressivement l’incertitude par de l’information.
Et c’est généralement beaucoup plus rassurant que d’essayer de trouver le courage de « tout plaquer ».
Et si le véritable risque était de ne jamais aller au bout de la réflexion ?
Lorsque l’on pense changement professionnel, on pense spontanément au risque.
Le risque financier.
Le risque de se tromper.
Le risque de perdre une situation stable.
Le risque de regretter.
Mais nous réfléchissons beaucoup moins souvent au risque inverse :
Celui de ne rien changer.
Imaginez-vous dans un an.
Puis dans trois ans.
Si rien ne change dans votre situation professionnelle, comment vous sentez-vous à cette idée ?
Cette question n’est pas destinée à vous pousser à partir.
Elle permet simplement de regarder les deux options avec la même objectivité.
Parce que rester est aussi une décision.
Et parfois, le véritable enjeu n’est pas de savoir :
« Est-ce que je dois quitter mon travail ? »
mais plutôt :
« Est-ce que j’ai suffisamment exploré les possibilités qui s’offrent à moi pour pouvoir choisir en connaissance de cause ? »
Le bilan de compétences : créer un espace pour enfin faire le point
C’est précisément là que le bilan de compétences peut prendre tout son sens.
Son objectif n’est pas de vous donner une réponse toute faite ni de décider à votre place du métier que vous devriez exercer.
Le bilan de compétences permet d’analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ses aptitudes et ses motivations afin de construire un projet d’évolution professionnelle et, lorsque cela est pertinent, un projet de formation.
Mais au-delà de cette définition, c’est surtout un espace dans lequel vous pouvez enfin prendre le temps de réfléchir.
Comprendre votre parcours.
Identifier ce que vous avez appris.
Mettre des mots sur vos compétences.
Réinterroger vos besoins, vos motivations et vos valeurs.
Faire émerger différentes pistes professionnelles.
Les confronter à la réalité et construire progressivement un projet réaliste.
Le résultat d’un bilan n’est d’ailleurs pas forcément :
« Je change de métier. »
La réponse peut tout aussi bien être :
« Je veux exercer mon métier différemment. »
« J’ai besoin de changer d’entreprise. »
« Je veux évoluer vers davantage de responsabilités. »
« J’ai besoin de retrouver du sens dans ce que je fais. »
« Finalement, je souhaite rester là où je suis, mais maintenant je sais pourquoi. »
Et cette clarté peut déjà changer beaucoup de choses.
Vous n’avez pas besoin d’être prêt à changer pour commencer à réfléchir
C’est probablement le message que j’aimerais laisser à toutes les personnes qui abordent cette rentrée avec des doutes.
Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà trouvé votre futur métier.
Vous n’avez pas besoin d’être certain de vouloir vous reconvertir.
Vous n’avez pas besoin d’être prêt à démissionner.
Vous n’avez même pas besoin de savoir exactement ce qui ne va plus.
Vous pouvez simplement commencer par cette question :
« Est-ce que ma vie professionnelle actuelle me convient encore ? »
Et accepter de ne pas connaître immédiatement la réponse.
Parce que réfléchir à son avenir professionnel n’est pas forcément préparer une rupture avec sa vie actuelle.
C’est se donner la possibilité de choisir la suite.
Et si cette rentrée professionnelle était différente ?
Septembre possède quelque chose de particulier.
Même adulte, nous conservons cette sensation de nouveau départ.
Un nouvel agenda.
Une nouvelle organisation.
De nouveaux projets.
Alors peut-être que cette année, votre bonne résolution professionnelle ne sera pas de travailler davantage, d’être plus organisé ou de tenir jusqu’aux prochaines vacances.
Peut-être sera-t-elle simplement de ne plus mettre vos questions professionnelles de côté.
Pas de tout changer.
Pas de prendre une décision précipitée.
Pas de sauter dans l’inconnu.
Simplement commencer à réfléchir autrement.
Parce qu’un projet de reconversion professionnelle ne commence pas le jour où l’on démissionne.
Il commence souvent bien avant.
Le jour où l’on décide enfin d’écouter cette petite voix qui nous dit que quelque chose pourrait être différent.
Vous vous sentez perdu(e) dans votre vie professionnelle ?
Si vous ressentez une perte de sens au travail, si vous envisagez de changer de métier, de vous reconvertir ou simplement de faire le point sur votre situation professionnelle, le bilan de compétences peut être une première étape.
L’objectif n’est pas de vous pousser à changer. Il est de vous permettre de comprendre où vous en êtes, ce que vous voulez réellement et quelles possibilités sont réalistes pour la suite.
Avant de prendre une grande décision, commencez peut-être simplement par vous autoriser à vous poser les bonnes questions.
Échanger sur ma situation